Pour de nombreuses familles, peu d’investissements sont aussi significatifs qu’un investissement dans les études de leurs enfants. Bien que cela puisse signifier viser un diplôme de l’Ivy League, la course à l’avantage académique commence souvent beaucoup plus tôt, avec l’inscription à l’école privée ou au pensionnat.
« Une éducation d’élite est toujours considérée comme une porte d’entrée vers des réseaux d’élite, explique Sarah Burke, conseillère, Planification de patrimoine à BMO Gestion privée. Cette perception pousse les parents à envisager des écoles privées et des universités prestigieuses, même lorsque le prix est élevé. »
Bien que le coût élevé des études postsecondaires soit bien connu, les frais de scolarité des écoles privées peuvent être tout aussi intimidants. De nombreuses familles sous-estiment ces coûts, fait remarquer Mme Burke. « Si vous voulez donner à votre enfant accès à la meilleure éducation que l’argent puisse acheter, il faut comprendre les chiffres et élaborer une stratégie de financement fiscalement avantageuse. »
Comprendre les coûts
Au Canada, les frais de scolarité des écoles privées peuvent varier considérablement – de quelques milliers de dollars à plus de 80 000 $ par année, selon l’école et le niveau d’études.
- Externat : habituellement de 15 000 $ à 30 000 $ par année
- Pensionnat : Souvent de 60 000 $ à 80 000 $ par année
Ces chiffres excluent les extras comme les livres, les uniformes, la technologie, les activités parascolaires et les voyages. À eux seuls, du primaire et jusqu’au secondaire, les frais de scolarité peuvent s’élever de 200 000 $ à 400 000 $ par enfant. À l’université, les coûts se poursuivent :
- Programme provincial (4 ans, y compris la résidence, la nourriture et les livres) : jusqu’à 100 000 $
- Ivy League ou programmes américains de premier ordre : 400 000 $ CA et plus sur quatre années
Quand un REEE ne convient pas
Le régime enregistré d’épargne-études (REEE) est l’outil d’épargne de choix pour les études postsecondaires. Mais il a des limites. Les fonds du REEE ne peuvent pas être utilisés pour les frais de scolarité des écoles privées ou des pensionnats, et certains frais de mode de vie ou de déplacement ne peuvent pas être couverts.
Une fiducie familiale discrétionnaire peut être une solution de rechange efficace aux familles fortunées qui recherchent de la souplesse pour toutes les étapes des études de leurs enfants.
« Selon cette approche, les parents ou les grands-parents versent des actifs à la fiducie et nomment un fiduciaire qui décidera quand, comment et à qui les distributions seront versées, explique Mme Burke. Cela donne la souplesse nécessaire pour s’adapter aux besoins qui évoluent en matière d’études tout en maintenant la stratégie de gestion de patrimoine de la famille intacte. »
Avantages fiscaux d’une fiducie familiale
- Fractionnement du revenu : Une fiducie peut transférer le revenu de placement à des bénéficiaires à plus faible revenu, ce qui réduit la charge d’impôt globale de la famille.
- Avantages intergénérationnels : Une fiducie peut demeurer en place au-delà des années scolaires, ce qui peut soutenir d’autres objectifs familiaux à long terme.
Remarque : Les règles d’attribution canadiennes empêchent le fractionnement du revenu avec des mineurs (à l’exception des gains en capital) lorsque les fonds proviennent des parents, mais les cotisations des grands-parents ou d’autres membres de la famille peuvent permettre d’éviter ces restrictions.
« Une fiducie n’est pas une stratégie de type à établir et à oublier, prévient Mme Burke. Cela nécessite une gestion active, une surveillance de la conformité et une intégration minutieuse à votre plan de gestion de patrimoine global. »
Cotisations élevées dès le départ dans le REEE pour une croissance maximale
Même si vous financez des études dans une école privée, vous ne devriez pas négliger le REEE pour l’épargne en vue des études postsecondaires. Mme Burke recommande d’ouvrir un REEE le plus tôt possible afin de tirer pleinement parti de la croissance composée et de la Subvention canadienne pour l’épargne-études (SCEE).
Faire des cotisations élevées dès le départ maximise le potentiel de croissance tout en profitant de la SCEE annuelle.
Exemple de stratégie :
- Cotisation de 16 500 $ à la naissance de votre enfant
- Ajout de 2 500 $ par année pendant 12 ans
- Ajout de 3 500 $ la dernière année
Cette approche atteint le plafond de cotisation à vie de 50 000 $ par enfant et garantit la SCEE maximale de 7 200 $ (20 % des cotisations admissible, jusqu’à concurrence de 500 $ par année).
« L’approche des cotisations élevées dès le départ fonctionne mieux si vous avez des fonds non enregistrés dont vous n’aurez pas besoin pour vos propres objectifs, conseille Mme Burke. En général, il n’est pas logique de retirer des fonds d’un CELI ou d’un REER pour faire cela. »
Prise en compte de l’inflation et du risque de change
Les frais de scolarité des écoles privées ont tendance à augmenter de 5% à 7% par année, plus rapidement que l’inflation générale. Un solide plan de financement des études devrait tenir compte de ces augmentations. Si les écoles américaines sont sur votre radar, envisagez ce qui suit :
- Établissez votre budget en dollars américains
- Utilisez un taux de change prudent dans les prévisions
- Ouvrez un compte de placement en dollars américains tôt pour réduire le risque de conversion de devises plus tard
Planification des études dans son ensemble
Un solide plan pour les études est particulièrement efficace lorsqu’il s’intègre à une stratégie de gestion de patrimoine globale. Un planificateur fiscal ou de gestion de patrimoine peut vous aider à :
- Intégrer le financement des études aux objectifs de retraite, de succession et de placement
- Tirer parti de l’évolution des règles et des incitatifs fiscaux
- Faire en sorte que votre plan soit souple à mesure que les besoins de votre enfant évoluent
« La planification des études devrait toujours faire partie d’un plan de gestion de patrimoine global, soutient Mme Burke. Nous aidons les familles à comprendre non seulement leurs objectifs, mais aussi comment les financer efficacement. »
Résumé :
De l’école privée à l’Ivy League espérée, les frais de scolarité peuvent être élevés, mais avec la bonne stratégie, ils ne devraient pas faire dérailler vos autres priorités financières. En combinant des structures souples comme les fiducies familiales avec les avantages du REEE et une planification fiscale intelligente, vous pouvez offrir à votre enfant une éducation de calibre mondial tout en protégeant votre patrimoine à long terme.