Speaker 1:
Bienvenue dans cet épisode spécial de Return on Intelligence sur Markets Plus, en direct de la conférence de Montréal du 9 juin. Avec Kristin Milchanowski et Martin Durkin, partenaire en innovation chez Holland and Knight. Les deux discutent de la façon dont les centres de données évoluent rapidement, passant d’une infrastructure administrative à des actifs stratégiques essentiels, et de ce que cela signifie pour l’investissement de capitaux, les politiques et l’avenir de la croissance axée sur l’IA.
Kristin Milchanowski:
Bienvenue à Return on Intelligence sur Markets Plus, présenté par le BMO Institute for Applied Artificial Intelligence and Quantum. Je suis Kristin Milchanowski, cheffe de l’intelligence artificielle et du quantique à BMO. Dans cette série, je m’entretiens avec des chefs de file technologiques mondiaux pour explorer l’avenir de l’innovation, des données et de l’IA, et ce que cela signifie pour les décideurs des services financiers.
Martin Durkin:
Bon après-midi à tous. Je suis Martin Durkin. Je suis partenaire en innovation au cabinet d’avocats Holland & Knight. En tant que partenaire en innovation, je travaille avec un groupe d’avocats qui sont aussi des ingénieurs logiciels, et nous concevons des flux de travail pour produire des livrables juridiques. Et ce faisant, nous passons essentiellement la majeure partie de nos journées dans l’IA générative et à travailler dans des centres de données.
Je suis ravi aujourd’hui de parler de cette convergence. Aujourd’hui, les centres de données ne sont plus une infrastructure administrative. Maintenant, ce sont essentiellement des actifs nationaux stratégiques. Avec nous aujourd’hui, Kristin Milchanowski, cheffe de l’intelligence artificielle et du quantique chez BMO Groupe financier. C’est un titre que j’aimerais bien avoir un jour : cheffe du quantique.
Kristin, BMO occupe une position intéressante, étant vraiment des deux côtés de l’investissement dans les centres de données. Vous êtes à la fois un grand client de centres de données et un bailleur de fonds pour bon nombre d’entre eux. En ce qui concerne ces marchés de capitaux, où va le capital institutionnel?
Kristin Milchanowski:
Alors, BMO est ouverte aux affaires. Nous investissons certainement massivement dans les centres de données, mais de façon intelligente. Donc, nous recherchons des locataires de premier ordre, c’est ce que nous espérons voir. Et c’est là que nous trouvons des constructions très judicieuses, là où on construit une infrastructure pour cent ans, et nous comprenons que dans ces centres de données, vos puces vont devenir obsolètes, mais vous voulez que ce soit construit de façon modulaire afin de créer une infrastructure durable pour vos communautés.
Les cas où nous hésitons, mais c’est davantage par discipline dans notre approche, c’est peut-être lorsque quelqu’un vient plutôt du monde de la cryptomonnaie, ou que ce ne sont pas vraiment le type de centres d’investissement que nous recherchons.
Mais du côté de la construction, en mettant un peu la main à la pâte et en essayant de faire croître l’IA à notre institution, mais aussi en étudiant les entreprises du Global 200 et là où elles en sont dans leur cheminement, l’écart que nous soulignons ici, c’est que la trajectoire des centres de données est gigantesque, mais notre utilisation informatique ne dépasse que 3 %.
Et donc, quand on regarde cet écart entre ce que les entreprises réalisent vraiment avec cette nouvelle technologie, nous ne sommes pas vraiment capables de le relier aux billions de dollars ou au milliardaire, et je veux qu’elles y arrivent. Et le potentiel est là, mais ce ne sera pas seulement dans l’automatisation et l’augmentation. Ça va consister à prendre l’intelligence qu’on tire de l’IA et à l’intégrer dans son infrastructure, de sorte que chaque décision soit meilleure, plus intelligente, plus rapide.
Donc, toutes vos finances sont reliées à votre processus de planification stratégique, à votre processus de financement, à vos décisions client, même à vos décisions d’investissement en marketing. Mais avec cette boucle d’intelligence intégrée grâce à l’IA, c’est là que vous verrez un lien direct avec le rendement du capital investi en fin de compte. Et je n’ai vu aucune entreprise qui fait cela jusqu’à maintenant qui ne soit pas native du numérique. Les entreprises natives du numérique ont évidemment une longueur d’avance.
Martin Durkin:
Nous parlons de 600 milliards de dollars cette année. La conversation avec les investisseurs a-t-elle changé au cours des dernières années en ce qui concerne la justification d’un tel montant de capital, particulièrement quand on entend parler de ce qui se passe avec le calcul informatique?
Kristin Milchanowski:
Le capital a soif de certitude. Je crains un peu que cette trajectoire soit quelque peu perturbée par les politiques, qu’elles ne soient pas élaborées ou que certaines soient imposées avec une force brute. Mais j’ai simplement senti que c’était le bon moment pour rappeler aux gens que le capital va suivre la prévisibilité des choses. Et je crains qu’il y ait un peu d’imprévisibilité.
Martin Durkin:
Les centres de données sont tous à coûts initiaux élevés. Le coût est entièrement en amont. Le revenu vient à la fin. Il y a donc une répartition de risque importante, étant donné le potentiel de changement de politique.
Kristin Milchanowski:
Il y a un virage dans la stratégie en IA, et la stratégie canadienne en IA qui est sortie, et que j’aime vraiment. Donc la confiance est primordiale, et c’est le tout premier pilier, mais le signal envoyé est qu’on parle maintenant d’opportunité. Et il faut s’assurer d’avoir cette conversation au sein de nos communautés, avec nos petites entreprises, mais comment créer cette opportunité de croissance, et comment tirer parti de la technologie pour la productivité, pour nos gens, pour les travailleurs et pour créer de nouveaux emplois, c’est aussi une grande partie de la stratégie. Donc j’aime voir ça.
Martin Durkin:
On passe de « pouvons-nous le construire ou le financer » à « pouvons-nous l’alimenter »? Qu’en est-il du réseau électrique actuel, et des politiques gouvernementales liées à son expansion et à sa réglementation?
Kristin Milchanowski:
Le volume d’énergie permet alors à quelqu’un comme moi d’exécuter des modèles très puissants pour des choses très puissantes. Donc, nous venons de breveter une méthodologie pour prédire les tremblements de terre, et c’est quelque chose pour lequel les scientifiques doivent encore franchir le dernier kilomètre, mais ce sont des milliards d’enregistrements de données que nous pouvons traiter grâce à des gigawatts d’énergie, à travers un centre de données, pour pouvoir les analyser.
Et pour une banque, qu’est-ce que ça signifie pour nous? Ça signifie que nous effectuons plus d’un milliard de transactions par jour. Et donc, il y a maintenant une nouvelle façon de faire des séries chronologiques et des prévisions, et toutes ces possibilités vont bientôt s’offrir à nous tous, pour que nous puissions repenser nos activités et le service à nos clients de nouvelles façons. Et voilà les possibilités qui m’emballent vraiment.
Martin Durkin:
Avec toutes ces données qui circulent, cela pose pour moi un enjeu de sécurité des données. Qu’en est-il? La confidentialité de ces données, et comment la protégeons-nous?
Kristin Milchanowski:
Pour moi, cela revient vraiment à la souveraineté. Et la souveraineté, ce n’est pas seulement le centre de données. En fait, c’est le rempart qui l’entoure, c’est l’infrastructure, et c’est tout l’écosystème de participants qui l’entourent. Et donc, la discipline que nous avons déployée en tant qu’institution financière prenant des dépôts depuis plus de 200 ans, cette même discipline et cette même rigueur seront nécessaires pour cette période d’infrastructure.
Donc, le chiffrement : qui contrôle le chiffrement autour du centre de données? Qui contrôle une partie de l’autorité décisionnelle autour du centre de données? Donc, c’est une conversation très vaste.
Donc, je crois que la souveraineté ne concerne pas tant le centre de données que la discipline, et le fait d’amener tout l’écosystème de discipline dans la conversation. Nous donnons l’exemple. Nous le faisons depuis très longtemps, et nous allons continuer à le faire. Une bonne gouvernance permet vraiment au programme de fonctionner.
Martin Durkin:
J’aime ça. Bon, une dernière chose. Si vous pouviez changer une politique, un élément structurel, une norme de l’industrie au cours des deux ou trois prochaines années, quelque chose de concret pour faire avancer les centres de données et vraiment développer leur infrastructure, que feriez-vous?
Kristin Milchanowski:
Je veux de l’éducation. Donc, j’aimerais vraiment voir plus de politiques en matière d’apprentissages, de collèges communautaires. Nous avons besoin de plus d’électriciens. Donc, tout ce qui forme les formateurs, simplement pour rehausser notre main-d’œuvre—nous manquons déjà d’un demi-million d’électriciens, là tout de suite, sans même parler de cette trajectoire dans laquelle nous sommes. Donc, l’éducation et les talents, c’est probablement ce que je demanderais.
Martin Durkin:
Très bien. Merci à tous.
Kristin Milchanowski:
Merci.
Martin Durkin:
Merci de vous être joint à moi pour ce panel. Merci.
Speaker 1:
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