Lorsque l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM) a été signé pour la première fois, certains l’ont qualifié d’accord commercial le plus important de la planète. Près d’une décennie plus tard, cet accord fait face à sa première grande épreuve alors qu’on entame sa première révision importante. Le processus sera différent de la négociation initiale, mais les enjeux sont élevés, car les tarifs douaniers et la sécurité de la chaîne d’approvisionnement ont transformé la façon dont l’Amérique du Nord envisage le commerce.
À la Conférence de Montréal, l’honorable Scott Brison, vice-président de BMO et ancien député, a animé un panel intitulé L’ACEUM à la croisée des chemins : bâtir le prochain avantage concurrentiel de l’Amérique du Nord. La séance mettait en vedette les personnes suivantes :
Steve Verheul, coprésident canadien de Coalition for North American Trade
Kevin Brady, coprésident américain de Coalition for North American Trade
Ken Smith Ramos, coprésident mexicain de Coalition for North American Trade
La discussion avec les coprésidents de Coalition for North American Trade (CNAT) portait sur ce que la révision pourrait signifier pour les trois pays, à mesure que le commerce, les chaînes d’approvisionnement et la sécurité nationale deviennent plus difficiles à séparer.
Voici les points saillants :
L’ACEUM a toujours un poids politique
Kevin Brady a déclaré que l’ACEUM reçoit toujours un solide soutien au Congrès, car l’économie américaine dépend fortement du commerce à l’échelle du continent. Ensemble, le Canada et le Mexique sont les plus importants partenaires commerciaux des États-Unis, représentant environ le tiers des exportations américaines, soit beaucoup plus que tout autre pays.
L’accord, qui sous-tend une grande partie du commerce nord-américain, vise l’ensemble des secteurs et touche des entreprises, grandes et petites, dans presque tous les États. Un environnement politique plus complexe met à l’épreuve ce soutien.
Ken Smith Ramos a déclaré que l’engagement du Mexique à l’égard de l’accord a été maintenu pendant trois présidences, d’Enrique Peña Nieto à Andrés Manuel López Obrador, et maintenant à Claudia Sheinbaum. Comme 83 % des exportations mexicaines sont destinées aux États-Unis, M. Smith Ramos a affirmé que la préservation et la prolongation de l’ACEUM sont primordiales pour l’économie.
Le renouvellement est différent d’une renégociation
Steve Verheul a déclaré que la révision à venir de l’ACEUM a une portée plus limitée que la négociation qui a donné lieu à l’accord en 2018. Les discussions initiales couvraient les 34 chapitres, tandis que cette révision met l’accent sur un ensemble restreint d’enjeux complexes. La première préoccupation du Canada, a-t-il dit, est d’éviter de nuire à un accord qui fonctionne en grande partie comme prévu.
M. Smith Ramos a déclaré que les États-Unis avaient peu d’intérêt à réouvrir des chapitres ou à réécrire du texte, car de tels changements nécessiteraient l’approbation du Congrès. Cela rend la mise en application et la coopération ciblée plus probables qu’une réécriture officielle de l’accord.
L’incertitude de la dernière année a fait en sorte que certains investisseurs se demandent si l’Amérique du Nord retournera à la relation commerciale préexistante ou si elle opérera selon un nouvel ensemble de règles. « Ils veulent savoir quelles sont les attentes afin de pouvoir commencer à prendre des engagements à long terme, a-t-il dit. Nous avons besoin de plus de prévisibilité et de davantage d’assurance que les obligations seront respectées. »
La sécurité économique pourrait orienter la révision
M. Brady a déclaré que les priorités des États-Unis pour la révision vont au-delà du texte de l’accord, l’administration cherchant à réduire les déficits commerciaux et à augmenter la production intérieure. Elle veut également un ensemble de mesures de sécurité économique plus large pour rendre l’Amérique du Nord plus concurrentielle en demandant aux trois pays de travailler ensemble sur les enjeux de la production, des chaînes d’approvisionnement et du commerce.
M. Smith Ramos partage un point de vue semblable. Il a dit que, plutôt que de modifier le texte lui-même, les trois pays pourraient utiliser l’accord déjà en place pour renforcer leur position. Cela pourrait signifier une coopération douanière plus étroite pour prévenir le transbordement, des chaînes d’approvisionnement partagées plus solides et une capacité accrue dans les secteurs stratégiques.
M. Verheul a déclaré que la diversification devrait signifier l’élargissement de l’éventail des relations commerciales plutôt que le remplacement d’une dépendance par une autre.
À la fin du panel, M. Brison a exhorté les panélistes à trouver des moyens d’améliorer la collaboration entre les trois économies et à résister à toute tentative de réintroduire des barrières commerciales. « J’espère que vous approfondirez beaucoup plus le potentiel de coopération réglementaire, ce qui pourrait améliorer considérablement notre compétitivité en Amérique du Nord », a-t-il dit.
Ce balado est en anglais seulement.
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