Pour réussir en tant qu’investisseur, il est important de regarder au-delà des catégories d’actif individuelles et d’examiner la façon dont les changements économiques majeurs et à long terme pourraient remodeler le contexte des placements. On n’a qu’à penser aux changements actuels à la géopolitique, aux technologies et aux marchés financiers. Même si ces changements se produisent habituellement sur des années, voire des décennies, ils peuvent révéler les endroits où la croissance future pourrait émerger et mettre certains risques en lumière.


C’est le sujet du présent épisode du balado Beyond the Portfolio, qui est le dernier de la série sur les perspectives de BMO. Dans cet épisode, Mike Miranda, président, Bureau de gestion familiale de BMO et chef, Placements, BMO Gestion privée s’entretient avec Dan Phillips, chef des placements, Gestion de patrimoine, É.-U. et Carol Schleif, stratège en chef du marché, BMO Gestion privée, afin d’examiner trois thèmes qui ont aidé BMO à formuler ses hypothèses sur les marchés financiers. Voici les éléments clés de cet épisode.


Le changement de cap mondial


Selon Dan Phillips, les institutions internationales comme les Nations Unies et l’Organisation mondiale du commerce, qui ont vu le jour après la Seconde Guerre mondiale, sont moins adaptées à la réalité géopolitique actuelle. M. Phillips ne croit pas que la mondialisation se terminera, mais plutôt qu’elle sera restructurée en fonction de nouveaux partenaires et de nouvelles priorités.


Dans le cadre de ce changement, la production revient en Amérique du Nord, favorisée par l’automatisation et la robotique, qui ont réduit l’avantage de la production à l’étranger en matière de coût de la main-d’œuvre. Il affirme que les États-Unis et la Chine dicteront la plupart des modalités de ce nouvel ordre, car l’Europe tire de l’arrière alors qu’elle tente de rattraper le retard sur les dépenses technologiques et militaires. « Cela met les États-Unis et la Chine à l’avant-plan et relègue les autres pays au rôle de partenaires utiles. »


Selon Carol Schleif, les marchés vont généralement au-delà des manchettes géopolitiques, mais ces changements seront plus difficiles à ignorer. Les chaînes d’approvisionnement sont en cours de restructuration, les relations commerciales sont renégociées et les nouveaux régimes de tarifs douaniers ajoutent des coûts que les entreprises devront absorber ou répercuter. La transition vers la production régionale pourrait à son avis rédire les marges, mais l’automatisation pourrait atténuer le choc. « Les variables sont nombreuses. »


Révolution industrielle 4.0


L’intelligence artificielle (IA) a dominé les manchettes, mais M. Phillips affirme qu’il y a beaucoup plus d’occasions que ce que de nombreux investisseurs réalisent. L’un des domaines essentiels à surveiller est celui des infrastructures qui soutiennent l’IA. Des investissements massifs dans l’électricité et l’eau pour le refroidissement sont nécessaires pour éviter les goulots d’étranglement qui détermineront la vitesse à laquelle l’adoption se produira. Les gouvernements aussi s’impliquent : les États-Unis investissent directement dans des sociétés technologiques. « Il s’agit d’une légère évolution du modèle économique américain, qui a toujours prôné le laisser-faire et le capitalisme de libre marché, mais qui adopte peut-être désormais certaines caractéristiques de ce que l’on pourrait appeler le capitalisme d’État », déclare-t-il.


Mme Schleif affirme que les investisseurs doivent regarder au-delà de l’engouement pour l’IA et se concentrer sur la façon dont les entreprises utilisent la technologie. Elle a souligné l’existence d’applications intéressantes dans les domaines de la logistique, des produits pharmaceutiques et de la robotique, Amazon ayant franchi la barre du million de robots l’an dernier. L’informatique quantique n’est pas encore commercialement viable, mais de grands acteurs, dont Nvidia, construisent déjà des unités de traitement en prévision du moment où elle le sera. « Cette révolution industrielle couvre de nombreux segments différents », affirme-t-elle. « Nous pensons vraiment qu’il faut que les investisseurs prennent du recul pour tout reconsidérer, notamment la façon dont les entreprises utilisent l’IA et en profitent et le visage du contexte concurrentiel. »


Évolution des marchés financiers


Les technologies émergentes permettent aux investisseurs de découper le risque et les occasions de nouvelles façons, indique Mme Schleif, en soulignant la popularité croissante des marchés de prédictions. Ces marchés, qui permettent aux investisseurs de parier sur des événements précis, ont acquis suffisamment de légitimité pour que le New York Stock Exchange (NYSE) et le Chicago Board Options Exchange (CBOE) aient acquis des participations dans des plateformes qui les offrent.


M. Phillips estime que les marchés de prédictions fournissent des données en temps réel sur la façon dont les investisseurs évaluent des résultats précis. Ces marchés sont toujours petits par rapport aux obligations du Trésor ou aux actions très échangées, mais ils progressent rapidement. Au fil du temps, les fonds de couverture pourraient élaborer des stratégies de prévision autour de ces marchés qui génèrent des rendements non corrélés aux portefeuilles classiques. « Tous les renseignements que nous pouvons obtenir sur la façon dont les marchés évaluent des événements précis nous sont utiles pour nous aider à établir notre politique de répartition de l’actif », affirme-t-il.


Qu’est-ce qui les empêche de dormir?


Selon Mme Schleif, sa plus grande préoccupation réside dans le rythme du changement. Les marchés, les produits et les instruments de placement évoluent à un rythme que les organismes de réglementation ont du mal à suivre, et l’enthousiasme des investisseurs peut souvent passer avant la réalité. Cela crée des risques, en particulier en ce qui a trait à la liquidité. « On pense avoir des liquidités jusqu’au moment où on essaie de les utiliser pour se rendre compte que cela n’est pas le cas », affirme-t-elle.


Pour M. Phillips, le véritable risque est géopolitique. La concurrence avec la Chine a poussé les deux économies à innover, mais il s’inquiète de ce qui se passera lorsque les tensions seront trop élevées et qu’il n’y aura personne pour intervenir. « Dans le contexte géopolitique actuel, il est plus difficile de trouver un arbitre », déclare-t-il.


Pour un examen en profondeur des marchés privés, cliquez ici pour écouter l’épisode complet de Beyond the Portfolio.



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Déni et limite de responsabilité