La solidité des données fondamentales de la croissance économique et des bénéfices, conjuguée à l’assouplissement des politiques monétaire et budgétaire, favorise des perspectives plutôt optimistes pour les marchés boursiers en 2026. Néanmoins, les investisseurs devront faire preuve d’une analyse nuancée pour évaluer les valorisations et les risques sur le marché.


C’est dans ce contexte que s’inscrit le troisième épisode du balado Beyond the Portfolio, qui fait partie de la série sur les perspectives de BMO. Dans cet épisode, Michael Miranda, président, Bureau de gestion familiale de BMO et chef, Placements, BMO Gestion privée, fait le point sur les perspectives des marchés boursiers pour 2026 avec Dan Phillips, chef des placements, BMO Gestion de patrimoine, Brent Joyce, stratège en chef, Placements, BMO Gestion privée, et Carol Schleif, stratège en chef du marché, BMO Gestion privée.


Voici les grands moments de leur échange.


Un atterrissage en douceur se profile à l’horizon


Dan Phillips a ouvert la discussion en soulignant qu’il s’attendait à une poursuite de l’expansion économique aux États-Unis, dans la continuité de la croissance de 2 % à 2,5 % observée en 2025. Les mesures d’assouplissement de la Réserve fédérale américaine (Fed) contribueront à cette tendance, et l’on s’attend à trois (et peut-être quatre) réductions de taux au cours de l’année, à condition que l’inflation continue d’évoluer dans la bonne direction.


Selon lui, bien que les baisses de taux soient positives pour le marché, la manière dont la Fed communiquera ses changements de politique sera déterminante. « Nous pensons que l’expansion peut se poursuivre, affirme-t-il. Elle sera plutôt modeste, mais nous croyons que l’économie américaine peut surpasser les attentes consensuelles actuelles de 2 %. »


Il s’attend à ce que la croissance des bénéfices soit le principal moteur des actions cette année. Les marchés ont suivi une tendance similaire l’an dernier, les gains reflétant davantage les bénéfices que la hausse des valorisations. Dans ce contexte, il prévoit que les rendements boursiers avoisineront les 10 %, en s’appuyant sur l’indice S&P 500 comme référence.


Même si les inquiétudes concernant la vigueur de la consommation aux États-Unis dans un contexte de ralentissement du marché de l’emploi pourraient peser sur ces perspectives, il estime qu’une partie de cette pression pourrait être atténuée à l’approche de la période des impôts, où les États-Unis devraient verser un montant record de remboursements d’impôts en raison des dispositions de la nouvelle loi fiscale.


Un scénario plus favorable pour le Canada


Brent Joyce a présenté des perspectives plutôt encourageantes pour les actions canadiennes, qui profiteront d’une solide croissance des bénéfices et de pressions plus modérées sur les valorisations. Selon ses prévisions, la croissance des bénéfices de l’indice S&P/TSX sera de près de 16 %, ce qui contribuera à faire passer l’indice à 34 000 points, un gain prévu d’environ 8 % pour l’année.


Au-delà de l’appréciation des cours, M. Joyce souligne que le revenu joue un rôle plus important sur le marché boursier canadien. Les rendements en dividendes s’établissent à environ 2,6 %, soit environ le double du rendement de l’indice S&P 500, ce qui s’ajoute aux attentes de rendement total. Il est également optimiste quant au dollar canadien, qui pourrait tempérer les rendements des actions américaines pour les investisseurs canadiens une fois qu’ils seront convertis en monnaie locale.


Le débat sur la bulle


Dans un contexte où les actions technologiques ont largement contribué à la hausse du marché au cours des 12 derniers mois, sous l’impulsion de l’intérêt pour l’intelligence artificielle, les investisseurs se demandent s’il existe des similitudes avec l’essor technologique de la fin des années 1990. Carol Schleif reconnaît l’intérêt pour l’intelligence artificielle, mais elle ne constate pas les mêmes conditions sous-jacentes. Elle a décrit la fin des années 1990 comme une période principalement alimentée par la spéculation plutôt que par les données fondamentales. En revanche, bon nombre des plus grandes sociétés d’aujourd’hui sont des entreprises rentables qui génèrent des liquidités.


Elle a également mis en garde contre le fait de se concentrer trop étroitement sur les fluctuations à court terme du marché. À son avis, le plus grand risque découle du fait de réagir à la volatilité ou aux manchettes sans tenir compte de la situation à long terme. « Lorsqu’on prend connaissance d’une manchette susceptible de provoquer une réaction émotionnelle, il est important de respirer, de prendre du recul et de réfléchir à ce qui se passe réellement, dit-elle. L’histoire est souvent plus vaste et plus nuancée que ce que les médias peuvent raconter. »


Principales préoccupations


Bien que le groupe d’experts ait présenté des perspectives assez optimistes pour les marchés boursiers, plusieurs enjeux pourraient avoir une incidence sur les marchés au cours de la prochaine année. M. Joyce a abordé la question des taux obligataires, soulignant que ceux-ci peuvent augmenter même lorsque la croissance économique ne s’améliore pas, souvent en raison de facteurs liés à l’offre et aux conditions du marché mondial.


L’incertitude entourant les politiques est une autre source de préoccupation. M. Phillips a déclaré que les marchés demeurent sensibles à la façon dont les décisions relatives aux taux sont prises et communiquées, en particulier lorsque les attentes concernant les baisses sont très équilibrées. Les questions relatives à la présidence future de la Fed pourraient exacerber cette incertitude.


Mme Schleif s’est intéressée au comportement des investisseurs, avertissant que la volatilité elle-même peut devenir un problème si les fluctuations brutales du marché sapent la confiance. « Ce qui serait préoccupant, c’est que cette volatilité survienne tôt dans l’année et effraie suffisamment les gens pour qu’ils restent sur la touche et n’aient pas la possibilité de conserver leurs placements », explique-t-elle.


Déni et limite de responsabilité