Les États-Unis ont introduit des tarifs douaniers pour soutenir le programme « Les États-Unis d’abord » du président Donald Trump, qui consiste également à sécuriser les frontières du pays et à rebâtir la capacité de production nationale. Entre-temps, les partenaires commerciaux américains, comme le Canada et l’Europe, ont été forcés de s’adapter à une nouvelle normalité économique.


« Il ne fait aucun doute qu’il est difficile pour les Canadiens de relever certains des défis, mais je dois dire que je suis extrêmement confiant qu’au bout du compte, nous continuerons à fréquenter notre vieil ami [les États-Unis] et à approfondir nos relations avec l’Union européenne et peut-être d’autres régions du monde », a déclaré Brian Tobin, délégué du conseil, BMO Groupe financier, lors d’une table ronde à la 31e édition de la Conférence de Montréal.


« Je ne dis pas que nous en viendrons à la même résolution [comme la dernière fois que M. Trump était président], mais je crois que nous parviendrons à une résolution que nous pourrons tous accepter », a ajouté M. Tobin, ancien premier ministre de Terre-Neuve-et-Labrador et ancien député.


À la suite du sommet du G7 en Alberta, des signes ont montré que les leaders travaillaient à trouver une solution.


Réinitialisation géopolitique

John Willding, associé, Stinson LLP, a décrit la relation entre les États-Unis et le Canada comme une « réinitialisation », en particulier avec le premier ministre canadien nouvellement élu. « La dernière chose au monde à laquelle nous pensons, c’est d’avoir une relation négative avec le Canada. Nous rééquilibrons simplement nos accords commerciaux pour les harmoniser avec ce que nous croyons que les États-Unis ont à offrir, le rôle qu’ils jouent et la sécurité qu’ils offrent à l’hémisphère », a-t-il dit.


Trouver un moyen d’améliorer les relations entre les nations devrait être une priorité absolue, ont déclaré un certain nombre de panélistes. Bernard Spitz, président, BSC, a souligné que les conséquences et les retombées négatives de l’affaiblissement des partenariats se multiplient à mesure que les pays tardent à trouver une solution. « Au bout du compte, il s’agit de trouver un équilibre, a-t-il dit. Quelle est la meilleure façon de trouver une solution gagnante pour tous? Dans la nouvelle ère dans laquelle nous vivons, nous avons la capacité de trouver cette façon de faire. »


Les commentaires de M. Spitz ont été formulés le jour même où la Banque mondiale a réduit ses prévisions de croissance mondiale pour 2025 à 2,3 %, près d’un demi-point de pourcentage en dessous des prévisions du début de l’année, en raison de l’intensification des tensions commerciales et de l’incertitude politique.


Dans son rapport semestriel Perspectives économiques mondiales (en anglais seulement), le prêteur mondial a déclaré que la croissance connaîtra son rythme le plus lent depuis 2008. La Banque mondiale a réduit ses prévisions pour près de 70 % de toutes les économies, y compris les États-Unis, la Chine, l’Europe et six régions faisant partie des marchés émergents. Elle a toutefois indiqué qu’une récession mondiale n’est pas prévue.


« Si les prévisions pour les deux prochaines années se concrétisent, la croissance mondiale moyenne au cours des sept premières années des années 2020 sera la plus faible de toute décennie depuis les années 1960 », peut-on lire dans le rapport.


Les énergies renouvelables : l’importance de la stabilité

Le gouvernement américain revoit également ses politiques liées à l’énergie renouvelable. Pour aborder cette dynamique en constante évolution, l’honorable Scott Brison, délégué du conseil, BMO Gestion de patrimoine, s’est entretenu avec Patrick Decostre, président et chef de la direction de Boralex, lors d’une autre séance de la Conférence, afin de discuter des complexités croissantes auxquelles les entreprises du secteur des énergies renouvelables pourraient être confrontées.


M. Decostre a admis que le changement dans la volonté des États-Unis d’aider les fournisseurs d’énergie renouvelable à croître pourrait avoir une incidence sur l’ensemble du secteur pendant de nombreuses années. « C’est une perturbation lorsqu’un changement important comme celui-ci se produit, car le coût du projet ne diminuera pas », a-t-il dit.


M. Brison a également fait remarquer que M. Carney « a une compréhension approfondie de la finance durable » et qu’il a l’ambition que le Canada devienne « une superpuissance énergétique en matière d’énergie classique et d’énergie propre ».


M. Brison a demandé à M. Decoste ce qu’il conseillerait à M. Carney au sujet des politiques publiques et des crédits d’impôt pour les énergies renouvelables au Canada.


« Mon premier conseil est de ne pas créer de perturbations. Si vous voulez faire du Canada une superpuissance en matière d’énergie, cela signifie que vous avez besoin de beaucoup d’investissements », a déclaré M. Decostre, en ajoutant que les investissements comprennent le soutien à la production d’énergie renouvelable, ce sur quoi son entreprise se concentre.