L’incertitude commerciale en Amérique du Nord perdurera pendant un certain temps. Les discussions sur le renouvellement de l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM) se poursuivent, et les pourparlers pourraient se poursuivre au-delà des élections de mi-mandat aux États-Unis jusqu’à l’an prochain. Mais les tarifs douaniers américains sur l’acier, l’aluminium et l’automobile nuisent à un accord plus général.


Voilà quelques-uns des points à retenir d’un récent événement numérique de BMO intitulé « Perspectives du commerce mondial : l’ACEUM et au-delà ». L’événement était animé par Michael Miranda, président du Bureau de gestion familiale de BMO et chef, Placements, BMO Gestion de patrimoine. Il était accompagné de :


  • Steve Verheul, ancien négociateur en chef du Canada pour le commerce et stratège géopolitique indépendant;

  • Douglas Porter, économiste en chef, BMO.


La discussion a porté sur le différend actuel à l’égard des tarifs douaniers, les coûts impliqués si le statu quo est encore maintenu pendant un an et les répercussions sur les marchés et les taux.

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Voici quelques faits saillants :


Les tarifs douaniers compliquent la voie vers un accord


Steve Verheul a déclaré qu’il est peu probable que la renégociation de l’ACEUM connaisse une résolution rapide, car les pourparlers n’ont pas encore produit de modalités que le Canada et le Mexique pourraient accepter. Il a déclaré que les ententes conclues par d’autres pays avec les États-Unis l’an dernier semblaient trop minces pour tenir la route au fil du temps. « Je ne crois pas que nous verrons un résultat à court terme, a-t-il déclaré. Je crois qu’il est plus probable que les discussions se poursuivent au-delà des élections de mi-mandat et peut-être même au cours de l’année prochaine. »


Bien que le Canada et le Mexique aient fait preuve de souplesse à l’égard d’un certain nombre de questions bilatérales dans le cadre de la renégociation, M. Verheul a déclaré que les États-Unis n’ont pas fait de même. Le Canada et le Mexique sont donc peu incités à pousser pour obtenir un accord. Il a déclaré que la question centrale des pourparlers est la politique tarifaire des États-Unis en Amérique du Nord, en particulier les droits de douane sur l’acier, l’aluminium et les automobiles.


Le moment d’un nouvel accord pourrait toujours être influencé par la politique. M. Verheul a affirmé que l’administration américaine pourrait subir des pressions pour montrer qu’elle fait des progrès à l’approche


des élections de mi-mandat en novembre, mais il a laissé entendre que cela n’aurait d’importance que si le fond de l’offre changeait. Le Canada et le Mexique sont peut-être prêts à résoudre des enjeux plus limités, mais il faudrait aborder les mesures tarifaires qui comptent le plus pour les deux pays pour parvenir à un accord plus général. Sans cela, toute entente pourrait ne pas suffire pour renouveler l’accord.


Le statu quo entraîne toujours des coûts


Douglas Porter a déclaré que le scénario de référence de BMO prévoit peu de changements au cours de l’année à venir : les perspectives n’intègrent ni une nouvelle entente ni une abolition de l’entente actuelle. « Dans le cadre de nos prévisions économiques, nous anticipons essentiellement le statu quo au cours de la prochaine année », a-t-il déclaré.


Le coût associé à un tel statu quo est déjà intégré dans les chiffres. L’économie canadienne n’a essentiellement pas progressé au premier trimestre de l’année, pas plus que celle du Mexique. Au Canada, la faiblesse a été concentrée dans les exportations et les investissements des entreprises, ce que M. Porter a décrit comme l’effet classique de l’incertitude commerciale avec le plus important partenaire commercial d’un pays.


La pression est plus forte dans les secteurs directement exposés aux tarifs douaniers américains. M. Porter a indiqué que les secteurs de l’automobile, des métaux et du bois d’œuvre sont ceux pour lesquels la planification est la plus difficile. Il a affirmé que les sociétés de ces secteurs ont peu de raisons d’engager du capital pendant que les droits demeurent en place. « On ne peut pas composer avec ce type de tarif douanier de façon durable », a-t-il déclaré.


L’incertitude commerciale pèse sur les marchés et les taux


Les manchettes sur les tarifs douaniers ont peut-être alimenté le volume d’opérations plus tôt cette année, mais M. Porter a affirmé que cet effet s’est estompé, car l’ensemble du marché s’est avéré plus résilient que ce que les investisseurs avaient d’abord craint. Depuis, les marchés boursiers se sont de nouveau tournés vers l’IA, tandis que les obligations et les devises continuent de refléter des préoccupations au sujet du statut commercial du Canada et des États-Unis.


M. Porter a déclaré que les marchés des devises traitent le dossier commercial comme un facteur négatif à moyen et à long terme pour le dollar canadien. La devise a perdu du terrain par rapport à ses pairs, y compris l’euro et le dollar australien. Les décisions


à l’égard des taux prises à l’étranger expliquent en partie l’écart. « Il ne fait aucun doute que l’incertitude entourant les relations commerciales du Canada avec les États-Unis a pesé sur le dollar canadien au cours de la dernière année », a-t-il déclaré.


Cette incertitude alimente également directement les attentes à l’égard de la politique monétaire. M. Porter a affirmé qu’il y a quelques mois, les marchés anticipaient une ou deux hausses du taux directeur par la Banque du Canada d’ici la fin de l’année, mais qu’il y avait peu de marge de manœuvre pour que la banque centrale déroge de sa politique expansionniste sans une entente au sujet de l’ACEUM. Selon lui, ce contexte est également l’une des raisons pour lesquelles les taux canadiens demeurent plus d’un point de pourcentage inférieurs à ceux des États-Unis. « S’il n’y a pas d’entente avec les États-Unis sur l’ACEUM cette année, j’estime qu’il est peu probable que la Banque du Canada augmente le taux directeur cette année », a-t-il déclaré.